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Escapade à Tanger, la cité des artistes version marocaine

À moins de deux heures d’avion de Barcelone et à 15 kilomètres des côtes espagnoles se dresse la belle Tanger. Sous domination internationale jusqu’en 1947, elle réunit un rare melting pot de cultures méditerranéennes qui ont imprégné son identité. 

Tanger a réussi à conserver son histoire et son essence marocaine, et reste encore aujourd’hui une destination authentique, préservée du tourisme de masse. Cité emblématique du Maroc pour son histoire cosmopolite, elle est souvent racontée par de nombreux explorateurs, écrivains ou peintres.

À commencer par la grande voyageuse anglaise Emily Keene dite Chérifa d’Ouezzane, qui après avoir choisi Tanger comme ville d’adoption et de par son mariage avec Sidi Abdeslam ben Larbi, Chérif d’Ouezzane, se lance dans une lutte anti-coloniale et pour améliorer les conditions des femmes.

Ou encore par des artistes plus contemporains comme la peintre Najoua el-Hitmi, autodidacte, qui s’impose comme l’une des artistes montantes de la ville. Consciente du poids de la société dans la vie des femmes marocaines, elle cherche aussi à montrer le potentiel de Tanger comme ce que New-York est aux Etats-Unis, c’est-à-dire « une terre de brassage culturel ».

El Hafa, le café des artistes

Parce qu’il serait insultant de ne pas commencer sa journée par un thé à la menthe au Maroc, le café Hafa est l’endroit idéal pour s’y prêter. Avec une vue imprenable sur l’Espagne, surplombant la baie de la ville du haut de sa falaise, le café Hafa est un peu le café de Flore tangérois. Depuis sa création en 1921, le Hafa a vu passer de nombreux artistes, de Paul Bowles aux Beatles, en passant par les Rolling Stones, pour n’en nommer que quelques-uns.

Ce café, au décor authentique, synthétise au mieux le mode de vie des Tangérois, leurs modes de vie et activités. Parce qu’une grande partie de l’histoire et de la culture de Tanger repose dessus, Hafa transmet aussi l’une des plus grandes devise du pays : ‘la précipitation tue’.

La Médina, la cité antique

De l’arabe « madīnat », la médina pourrait être traduite par le « centre historique » d’une ville et on y trouve très vite des ressemblances avec nos villes européennes. Chaque ville au Maroc en possède une. Souvent entourée de remparts, elle servait à délimiter la ville du monde extérieur et nomade.

À Tanger, elle conserve la même apparence depuis plusieurs siècles, c’est là-bas qu’on y retrouve l’essence du quotidien de ses habitants. C’est d’ailleurs dans une de ses nombreuses rues qu’on trouve la Mission Catholique Espagnole. Fondée par Mère Teresa de Calcutta, cette ancienne église à l’architecture mauresque s’est reconvertie pour venir en aide à la communauté tangéroise.

Les soeurs de la mission catholique, avec l’aide de bénévoles venus d’ailleurs, prennent ici en charge des mères célibataires et leurs enfants dans le besoin. Souvent victimes d’abus ou d’abandon par leur famille, il devient possible pour ces femmes de récupérer leur indépendance, les religieuses s’occupant de leurs enfants pendant qu’elles cherchent du travail. C’est aussi en partenariat avec l’association 100% Mamans que cette insertion dans la vie professionnelle devient réalité. L’association propose des formations pouvant aller des métiers de la confection à ceux de la cuisine, offrant ainsi un nouveau départ à ces mères dans le besoin. Preuve d’une Tanger multiculturelle, où l’entraide entre tous est favorisée et valorisée, peu importe la religion.

Place du 9 Avril 1947, le point de départ de la ville

C’est sur cette même place qu’en 1947, alors que la ville était sous domination internationale, que le Roi Mohamed V est venu prononcer son discours et prôner l’unité du peuple marocain. C’est maintenant devenu le point de départ du cœur commerçant de la ville.

Juste à côté est situé le Gran Zoco -le grand souk-, où l’on retrouve les marchés alimentaires et le meilleur de l’artisanat marocain. Parce que si la réputation de la gastronomie marocaine n’est plus à faire, il en va de même pour son artisanat.

Entre échanges de matières nobles comme les bijoux, les tissus ou encore tapis aux métiers manuels comme potiers, menuisiers et tisserands; le savoir-faire marocain conquit les Européens depuis bien des décennies, jusqu’à en devenir une marque de fabrique pour le pays. Une richesse prisée aux codes stricts, transmise de génération en génération.

Les Grottes d’Hercule, un passé mythologique

Parce que l’histoire d’un pays passe aussi par sa mythologie, à quelques kilomètres de la ville, les Grottes d’Hercule fascinent depuis leur découverte. Si ces grottes calcaires ont un attrait tout particulier pour les touristes, c’est pour leurs entrées tournées vers l’Atlantique où on aperçoit le Cap du détroit de Gibraltar, et pour l’une d’entre elles, son étrange ressemblance au continent Africain.

Les grottes font aussi partie d’un site archéologique marqué par les traces d’une occupation préhistorique pouvant dater de l’époque néolithique selon les certains. Les croyances locales racontent aussi la légende selon laquelle la figure mythologique, Hercule, serait venue dans ses lieux pour se reposer après ses douze travaux, d’où leur nom.

Chefchaouen, la ville bleue

Au sud de Tanger, à deux heures de route, se tient Chefchaouen. Perchée à 600 mètres c’est sans conteste la destination phare de la région du Rif. Fondée au XVe siècle, la cité berbère aux rues labyrinthiques séduit par l’unique teinte bleu indigo de ces murs. Ceinturée de remparts, elle a su préserver son identité andalouse et sa culture singulière, au point que le Roi Mohammed VI en fait sa ville de résidence estivale.

Cependant, si la ville profite aujourd’hui d’une reconnaissance universelle, cela n’a pas toujours été le cas. Même si personne ne connaît la raison de ce bleu indigo, il est dit qu’il était autrefois utilisé pour attirer l’attention des marchands, et mieux distinguer la ville des montagnes. D’autres s’adonnent à dire que cette couleur a une toute autre utilité, et servirait à garder l’intérieur des maisons frais et calme. Ce qui est certain c’est que bleu indigo donne un caractère unique à la ville et sa medina, d’ailleurs inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO.


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